• Avis défavorable pour le projet de la ferme des 1 000 vaches à Houlbec-Cocherel dans l’Eure

     

    Environnement. Après un mois et demi d’enquête publique, le commissaire enquêteur a rendu, hier lundi, un avis retoquant le projet d’extension de la SCEA Perault, à Houlbec-Cocherel, qui envisageait la présence de 1 000 bovins sur l’exploitation.

     

      Celia MICK

     

    Publié le 18/11/2019 à 20:56
    Mis à jour le 18/11/2019 à 20:56

     

     
     
     
     

    «N ous avons gagné une bataille. Il va falloir maintenant remporter la guerre. » Véronique Brzezinski, présidente de l’association de défense de l’environnement à Houlbec-Cocherel et alentour (Adehca), n’a pas caché sa satisfaction, hier, quelques minutes après avoir actualisé, pour la centième fois, le site internet de la préfecture de l’Eure. Christian Baïsse, le commissaire enquêteur en charge de l’affaire dite des 1 000 vaches, à Houlbec-Cocherel, a en effet rendu un avis défavorable au projet d’extension de la SCEA Perault.

    Un commissaire « à l’écoute »

    Bonifacius et Hector Van Ranst, exploitants belges, prévoyaient une augmentation du cheptel de vaches laitières de 20 %, passant progressivement de 400 vaches laitières sur le site de Cailleterie, à Houlbec-Cocherel, et de 130 vaches sur leur site de Douains à un total de 634.

    À cet atelier laitier s’en rajouterait donc un second, de 280 veaux à l’engraissement de type « veaux rosés » (jeunes mâles de moins d’un an nés sur l’exploitation). Ce qui porterait le nombre total de bêtes à 1 069 sur le site d’Houlbec-Cocherel et à 460 sur le site de Douains — lire nos éditions précédentes.

    Ce projet « totalement incohérent » pour ses opposants, a entraîné une vague de mobilisation depuis plusieurs mois. « Le commissaire enquêteur a vraiment tenu compte des arguments de tous les participants à l’enquête publique. On sent qu’il a vraiment été à l’écoute », note Véronique Brzezinski.

    Après avoir relevé cinq aspects positifs de l’éventuelle extension de l’exploitation, comme l’impact sur l’emploi ou encore les ressources locales, le commissaire enquêteur s’est largement concentré sur les nuisances actuelles de la SCEA Perault : nuisances olfactives et prolifération de mouches autour du site de la Cailleterie d’Houlbec-Cocherel, impactant plus de 150 maisons dans un rayon de moins d’un kilomètre autour du site ; risques routiers lors du croisement des engins agricoles sur des petites routes de campagne et surtout dans des parties urbanisées des deux communes de Houlbec-Cocherel et Douains ; la présence d’une décharge sauvage ou encore le brûlage à l’air libre.

    En matière de bien-être animal, Christian Baïsse recommande aux exploitants belges « d’organiser une fois par an une journée porte ouverte, pour que le public et les riverains du site puissent se rendre compte des conditions de vie des bêtes. Il convient également qu’un plan d’action, engagé dès à présent, pour réduire la mortalité au sein de l’élevage avant d’envisager une augmentation des effectifs ».

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    « Un certain nombre de désordres »

    En conclusion de son rapport, le commissaire enquêteur conseille à Bonifacius et Hector Van Ranst d’améliorer la situation actuelle de la SCEA Perault avant d’envisager un quelconque agrandissement. « Cette exploitation, dans son fonctionnement actuel, présente un certain nombre de désordres qui ne traduisent pas une situation normale et engendre des problèmes importants de voisinage », pointe-t-il du doigt.

    Christian Baïsse souligne également que « ces désordres sont d’autant plus préoccupants que l’effectif actuel de l’élevage est nettement inférieur aux effectifs présents sur ces sites il y a quelques années. Une extension à 634 vaches laitières reviendrait à quasiment doubler les effectifs de caches laitières par rapport à l’effectif actuel. Ce n’est pas envisageable tant que les actions techniques pour remédier à cette situation n’ont pas été mises en place et tant que l’on n’a pas pu en mesurer l’efficacité vis-à-vis du voisinage ».

    Véronique Brzezinski et l’Adehca vont, de leurs côtés, solliciter un rendez-vous avec Thierry Coudert, préfet de l’Eure, et désormais dernier décisionnaire. « Nous attendrons ensuite son couperet, glisse Véronique Brzezinski. Je ne vois vraiment pas comment, maintenant, il pourrait soutenir le projet », estime une source proche du dossier.

    La décision du préfet est attendue pour le premier trimestre 2020.

    Infos pratiques

    Contactés, Frédéric Duché, président de Seine-Normandie-Agglomération et les frères Van Ranst n’ont pas donné suite à nos demandes d’interview. Le rapport du commissaire enquêteur : eure.gouv.fr/content/download/33316/217715/file/rapport%20%20-SCEA%20Perault.pdf

    Célia Mick

    Journaliste, agence locale de Vernon

     

     

     

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